خشى
Formes attestées : يَخْشَوْنَ 7 · خَشِىَ 4 · يَخْشَىٰ 4 · خَشْيَةِ 3 · تَخْشَوْهُمْ 2 · ٱخْشَوْنِ 2 · يَخْشَ 2 · خَشْيَةَ 2
Sens premier
Redouter : la crainte qui tient en éveil et règle la conduite, tournée d'abord vers Dieu.
Emplois
خَشِىَ, يَخْشَىٰ, ٱخْشَوْا۟ → « redouter » : la crainte qui oriente : on choisit qui l'on redoute, Dieu ou les gens.
يَخْشَوْنَ … بِٱلْغَيْبِ → « redouter bien qu'Il échappe aux sens » : redouter Dieu, qui échappe aux sens.
- «إِنَّ ٱلَّذِينَ يَخْشَوْنَ رَبَّهُم بِٱلْغَيْبِ» — « Ceux qui redoutent leur Tuteur bien qu'Il échappe à leurs sens » (67:12)
خَشْيَة → « redoutant », « comme on redoute » : le nom, rendu par le verbe : la crainte comme mobile d'un geste.
Preuve par le texte
Le texte place le mot à côté de ses voisins, et la différence se lit dans le même verset : ceux qui « redoutent leur Tuteur et craignent le mauvais compte » (13:21) ; ceux « qui redoutent leur Tuteur bien qu'Il échappe à leurs sens, et qui appréhendent l'Heure » (21:49). Redouter porte sur Dieu, craindre sur un mal attendu, appréhender sur une échéance. La formule « ne les redoutez donc pas, mais redoutez-Moi » (2:150, 5:3, 5:44) et la phrase « Dieu a plus droit à ce que vous Le redoutiez » (9:13, et 33:37 au singulier) disent que tout se joue sur l'objet de la crainte.
Cette crainte n'immobilise pas : elle fait agir. Elle pousse à prendre soin d'une descendance faible (4:9), elle est la condition du rappel (20:3, 79:26, 87:10) et de l'avertissement (35:18, 36:11, 79:45), et elle va avec le savoir : « Seuls, parmi Ses obéissants, redoutent Dieu ceux qui savent » (35:28). Elle peut aussi se tromper d'objet : redouter les gens comme on redoute Dieu (4:77), redouter la dépense (17:100) ou le déclin d'un commerce (9:24).
Distinctions
- خوف — craindre : la peur d'un danger ou d'une perte, quand خشى dit la crainte qui oriente la conduite
- شفق — appréhender : la crainte tendue vers une échéance
- رهب — révérer : la crainte révérencielle qui pousse à l'obéissance
Voir aussi
وقى (se prémunir)