ذكر
Formes attestées : ٱذْكُرُوا۟ 23 · تَذَكَّرُونَ 17 · ذِكْرَىٰ 12 · ٱذْكُرْ 11 · ذِكْرِ 10 · ذِكْرٌۭ 9 · ذِكْرًۭا 8 · يَتَذَكَّرُونَ 7
Sens premier
Faire réintégrer l'esprit ce qui y a déjà sa place : se rappeler, rappeler à autrui, mentionner ; le Rappel est le texte qui accomplit ce geste. Sous la même racine, ذَكَر nomme le mâle, le plus souvent en couple avec la femelle.
Emplois
ذَكَرَ, يَذْكُرُ, ٱذْكُرُوا۟ → « se rappeler » : garder présent à l'esprit, de soi-même ou à l'appel d'un autre ; Dieu, un bienfait, un homme.
- «فَٱذْكُرُونِىٓ أَذْكُرْكُمْ» — « Rappelez-vous de Moi donc, Je Me rappellerai de vous » (2:152)
- «ٱذْكُرُوا۟ ٱللَّهَ ذِكْرًۭا كَثِيرًۭا» — « Rappelez-vous Dieu abondamment » (33:41)
- «فَمَن شَآءَ ذَكَرَهُۥ» — « Que celui qui le veut s'en souvienne » (74:55)
- Usage particulier : « se souvenir » en 74:55-56 seulement, où le pronom reprend le rappel que le texte vient de nommer (74:54) ; « se rappeler » y redoublerait le mot.
ذُكِرَ ٱللَّهُ, يَذْكُرُوا۟ ٱسْمَ ٱللَّهِ → « rappeler », « être rappelé » : faire revenir Dieu ou Son nom à la parole et à l'esprit.
تَذَكَّرَ, ٱدَّكَرَ, مُدَّكِر → « se rappeler », « en tirer le rappel » : le retour sur soi attendu de l'auditeur, en formule après les signes et les récits.
ذَكَّرَ, مُذَكِّر → « rappeler » : faire se rappeler : la tâche donnée à celui à qui le texte parle.
- «فَذَكِّرْ إِنَّمَآ أَنتَ مُذَكِّرٌۭ» — « Rappelle donc, tu n'es là que pour rappeler » (88:21)
ٱذْكُرْ فِى ٱلْكِتَٰبِ, مَذْكُور → « mentionner » : nommer quelqu'un pour le rendre présent à la mémoire.
ٱلذِّكْر → « le Rappel » : le texte descendu, qui fait se rappeler.
ذِكْر, ذِكْرَىٰ, تَذْكِرَة → « rappel » : l'acte de se rappeler, ou ce qui fait se rappeler.
ذَكَر, ذُكُور, ذُكْرَان → « mâle », « garçons » : le sexe masculin, le plus souvent nommé avec la femelle ; des enfants, « garçons » (42:49-50).
Preuve par le texte
Le rappel porte sur ce qui est déjà là. Le refrain de la sourate 54 suit chaque récit de peuple anéanti : « y a-t-il donc quelqu'un pour en tirer le rappel ? » (54:15) ; Dieu a « rendu la Lecture aisée pour le Rappel » (54:17). Ce qu'on attend de l'auditeur n'est pas d'apprendre, mais de se rappeler : la question « Ne vous rappelez-vous donc pas ? » revient après les signes de la création (10:3, 16:17, 45:23).
Le même geste va de l'un à l'autre. Dieu et l'homme se rappellent l'un l'autre (2:152) ; celui à qui le texte parle rappelle, et c'est toute sa tâche (88:21), mais le rappel peut rester sans écho : « quand on les rappelle, ils ne se rappellent pas » (37:13) ; mentionner quelqu'un dans l'Écriture, c'est le rendre présent à la mémoire (19:16). Le texte lui-même s'appelle le Rappel (15:9), « un rappel pour tous les êtres » (81:27). Le mot reste le même quel que soit l'objet : Dieu, « abondamment » (33:41), Son nom sur les bêtes du sacrifice (22:28), le bienfait reçu (43:13), ou le fils perdu : « tu ne cesseras de te rappeler Youssof » (12:85). Son contraire est l'oubli : le Détourneur « lui fit oublier de mentionner cela à son maître » (12:42).
ذَكَر, le mâle, ne se croise jamais avec ce sens : il est presque toujours nommé avec la femelle, أُنثَى (3:36, 4:11, 53:21), sinon avec les conjointes (6:139, 26:165), et les deux branches restent distinctes dans tout le texte.
Distinctions
- نسى — l'oubli : ce qui sort de l'esprit, contraire du rappel
- علم — le savoir : ce que l'on apprend, quand ذكر ramène ce que l'on a déjà
- فكر — réfléchir : examiner pour comprendre, quand ذكر fait revenir ce qui est déjà là
Voir aussi
انث (la femelle)