هوى
Formes attestées : أَهْوَآءَهُمْ 7 · هَوَىٰهُ 6 · أَهْوَآءَهُم 5 · أَهْوَآءَ 3 · تَهْوَىٰٓ 2 · ٱلْهَوَىٰٓ 2 · هَوَىٰ 2 · ٱلْهَوَىٰ 2
Sens premier
S'incliner et être entraîné vers le bas : dans le corps, la chute ; dans le jugement, l'émotion qui emporte loin du savoir.
Emplois
ٱلْهَوَىٰ, أَهْوَآء → « l'émotion » : ce vers quoi l'on s'incline et qui entraîne, face au savoir reçu.
تَهْوَىٰ → « s'incliner vers » : l'inclination des Soi, sujet du verbe.
هَوَىٰ, أَهْوَىٰ, تَهْوِى بِ → « s'abîmer », « faire s'abîmer » : la chute qui emporte au fond.
- «وَمَن يَحْلِلْ عَلَيْهِ غَضَبِى فَقَدْ هَوَىٰ» — « et celui sur qui s'abat Ma colère s'est certes abîmé » (20:81)
- «وَٱلْمُؤْتَفِكَةَ أَهْوَىٰ» — « Et celle qui fut renversée, Il l'a fait s'abîmer » (53:53)
- «أَوْ تَهْوِى بِهِ ٱلرِّيحُ فِى مَكَانٍۢ سَحِيقٍۢ» — « ou le vent le fait s'abîmer en un lieu lointain » (22:31)
هَوَىٰ (l'étoile) → « décliner » : l'astre qui descend vers l'horizon.
- «وَٱلنَّجْمِ إِذَا هَوَىٰ» — « Par l'étoile quand elle décline » (53:1)
تَهْوِىٓ إِلَىٰ → « s'incliner vers » : l'inclination qui porte les Consciences vers quelqu'un.
- «تَهْوِىٓ إِلَيْهِمْ» — « s'inclinent vers eux » (14:37)
هَوَآء → « béantes » : les Consciences grandes ouvertes, sans rien qui les retienne.
- «وَأَفْـِٔدَتُهُمْ هَوَآءٌۭ» — « et leurs Consciences seront béantes » (14:43)
هَاوِيَة → « l'Abîme » : le lieu où l'on tombe, donné pour demeure.
- «فَأُمُّهُۥ هَاوِيَةٌۭ» — « il aura l'Abîme pour demeure » (101:9)
Preuve par le texte
L'émotion est toujours placée face au savoir déjà reçu : « si tu suivais leurs émotions, après ce qui t'est venu du savoir » (2:120 ; 2:145, 13:37) ; on égare « par leurs émotions, sans savoir » (6:119) ; on suit « la présomption, et ce vers quoi s'inclinent les Soi » (53:23). Suivie jusqu'au bout, elle prend la place de Dieu : « celui qui a pris son émotion pour divinité » (45:23, comme 25:43).
La branche physique dit le même mouvement dans le corps : ce qui cède et descend. Celui sur qui s'abat la colère divine s'abîme (20:81) ; la cité renversée, Dieu l'a fait s'abîmer (53:53) ; le vent fait s'abîmer l'associateur au loin (22:31) ; l'étoile décline (53:1). Le lieu de la chute est l'Abîme, هَاوِيَة (101:9). Au jour où les regards se figent, les Consciences sont هَوَآء, béantes, sans rien qui les retienne (14:43).
L'inclination n'est pas toujours blâmée : Ibrahim demande que des Consciences « s'inclinent vers » les siens (14:37). Ce qui fait l'unité de la racine est l'inclinaison qui entraîne ; c'est la direction qui la juge.
Distinctions
- شهو — le désir de jouissance ; هوى dit l'inclination qui entraîne le jugement.
- خرر — tomber : la chute, la prosternation ; هوى dit la chute qui emporte au fond.
- خوى — le vide d'un lieu déserté ; هَوَآء dit des Consciences béantes.
Voir aussi
علم (le savoir, auquel l'émotion s'oppose) · تبع (suivre)