اكل
Formes attestées : كُلُوا۟ 27 · تَأْكُلُونَ 12 · يَأْكُلُونَ 8 · تَأْكُلُوا۟ 5 · تَأْكُلُ 5 · يَأْكُلُ 4 · تَأْكُلُوٓا۟ 3 · أُكُلَهَا 3
Sens premier
Prendre en soi une nourriture jusqu'à la faire disparaître : manger ce qui est donné, ou dévorer ce qui appartient à autrui.
Emplois
أَكَلَ, يَأْكُلُ, كُلُوا → « manger » : se nourrir de ce que Dieu a pourvu ; l'ordre va souvent avec la reconnaissance.
أَكَلَ + bien d'autrui → « dévorer » : absorber ce qui n'est pas à soi : biens des orphelins, usure, héritage ; dit aussi de la bête qui dévore.
أَكْل → « consommation » : le fait de consommer, nommé comme une conduite.
- «وَأَكْلِهِمُ ٱلسُّحْتَ» — « et la consommation du gain prohibé. » (5:62)
أُكُل → « mets » : ce qu'un arbre ou un jardin donne à manger.
Preuve par le texte
Manger est la marque de la condition humaine. Issa et sa mère « mangeaient de la nourriture » (5:75) ; les envoyés « mangent assurément de la nourriture et marchent dans les marchés » (25:20) ; et Ibrahim confond les divinités fabriquées par cette seule question : « Ne mangez-vous pas ? » (37:91).
Quand l'objet est un bien qui revient à un autre, le même verbe devient « dévorer » : biens d'autrui « par le faux » (2:188, 4:29), usure (2:275, 3:130), biens des orphelins (4:10), héritage (89:19). Le texte retourne alors l'image, avec le même verbe deux fois : ceux qui dévorent les biens des orphelins « ne dévorent dans leurs ventres qu'un feu » (4:10). Ce qui est absorbé disparaît pour son ayant droit.
Le nom أُكُل déplace l'acte vers ce qui le permet : les mets d'un jardin ou d'un arbre (2:265, 13:35, 14:25, 18:33), et, pour les jardins punis de Saba, des « mets amers » (34:16).
Distinctions
- طعم — la nourriture et l'acte de nourrir autrui, quand أكل est l'acte de manger soi-même
- ثمر — le fruit en tant que produit de l'arbre, quand أُكُل est ce qu'il donne à manger