كان
Formes attestées : كَأَن 9 · كَأَنَّهُۥ 5 · كَأَنَّمَا 2 · كَأَنَّهُنَّ 2 · كَأَنَّمَآ 1 · كَأَنَّكَ 1 · يْكَأَنَّ 1 · يْكَأَنَّهُۥ 1
Sens premier
Introduire une comparaison saisissante, posée comme une hypothèse : « c'est comme si ». Jointe à l'interjection وَيْ, la comparaison devient le constat soudain d'une vérité méconnue.
Emplois
كَأَنَّهُۥ → « comme si » : rapproche une chose d'une image sans les identifier.
فَكَأَنَّمَا · فَكَأَنَّمَآ → « c'est comme si » : dans la réponse d'une condition, pose une équivalence de poids.
وَيْكَأَنَّ · وَيْكَأَنَّهُۥ → « Ah ! C'est donc que » : l'exclamation de ceux qui découvrent trop tard ce qui était vrai.
- «وَيْكَأَنَّهُۥ لَا يُفْلِحُ ٱلْكَٰفِرُونَ» — « Ah ! C'est donc que ceux qui renient ne réussissent jamais » (28:82)
Preuve par le texte
Le geste est partout le même : poser à côté d'une réalité une image qui en dit la portée. En 7:171, la montagne arrachée au-dessus des fils d'Israël est comme un dais ; en 22:31, celui qui associe à Dieu est comme un homme tombé du ciel, que les oiseaux enlèvent ou que le vent emporte. En 5:32, la comparaison porte une règle : tuer un seul Soi sans droit, c'est comme tuer les hommes tous ensemble ; en faire vivre un, c'est comme les faire vivre tous.
En 28:82, ceux qui enviaient la position de Qarun voient sa fin et disent deux fois وَيْكَأَنَّ : la comparaison devient constat, « Ah ! C'est donc que… ». La construction reste celle d'une particule de comparaison ; elle ne se confond jamais avec le verbe « être » de la racine كون.
Distinctions
- كون — le verbe « être » ; كأنّ est une particule de comparaison, sans lien de sens avec lui.