لعب
Formes attestées : يَلْعَبُونَ 5 · لَعِبًۭا 4 · لَعِبٌۭ 4 · لَٰعِبِينَ 2 · يَلْعَبُوا۟ 2 · نَلْعَبُ 1 · يَلْعَبْ 1 · ٱللَّٰعِبِينَ 1
Sens premier
Jouer : agir sans but sérieux, pour rien qui dure.
Emplois
لَعِب, لَعِبًۭا → « jeu » : ce qui est fait sans portée : la vie d'ici-bas, ou la Loi que l'on tourne en jeu.
لَٰعِبِينَ → « en Nous jouant » : la manière d'agir niée de la création.
- «وَمَا خَلَقْنَا ٱلسَّمَآءَ وَٱلْأَرْضَ وَمَا بَيْنَهُمَا لَٰعِبِينَ» — « Nous n'avons pas créé le ciel, la terre et ce qui est entre eux en Nous jouant » (21:16)
ٱللَّٰعِبِينَ → « ceux qui jouent » : ceux dont la parole n'engage pas.
- «أَمْ أَنتَ مِنَ ٱللَّٰعِبِينَ» — « ou fais-tu partie de ceux qui jouent ? » (21:55)
يَلْعَبُونَ, يَلْعَبُوا۟ → « jouer » : le verbe : ceux qui jouent dans leurs vains discours, souvent joint à « s'immerger ».
Preuve par le texte
Le jeu est toujours opposé à ce qui compte. La vie d'ici-bas « n'est que jeu et distraction » (6:32), et la formule revient (29:64, 47:36, 57:20) ; prendre la Loi pour jeu, c'est la vider de ce qui engage (5:57, 6:70).
La création est deux fois niée comme jeu, dans la même formule (21:16, 44:38) : elle a un but. Et quand Ibrahim parle à son peuple, on lui demande s'il est « de ceux qui jouent » (21:55) : le sérieux du messager est mis en doute par le mot même.
Le verbe garde le même sens. Ceux qui démentent jouent dans leurs vains discours (6:91, 52:12) ou dans la perplexité (44:9) ; « nous immerger et jouer », disent-ils en 9:65, et la même paire revient en 43:83 et 70:42. En 12:12, les frères de Youssof joignent deux verbes : « qu'il se divertisse et joue » ; le divertissement est رتع, le jeu est لعب.
Distinctions
- لهو — la distraction : ce qui détourne l'attention, souvent joint au jeu
- هزء — la moquerie : le jeu tourné contre quelqu'un
- رتع — se divertir : s'ébattre librement, joint au jeu en 12:12, quand لعب est le jeu lui-même