شكر
Formes attestées : تَشْكُرُونَ 19 · يَشْكُرُونَ 9 · ٱلشَّٰكِرِينَ 7 · ٱشْكُرُوا۟ 5 · شَكُورٍۢ 3 · شَكُورٌ 3 · شَكَرْتُمْ 2 · شَاكِرًۭا 2
Sens premier
Répondre au bienfait reçu : être reconnaissant ; le contraire de renier.
Emplois
شَكَرَ, يَشْكُرُ, ٱشْكُرْ → « être reconnaissant » : répondre à un bienfait par la reconnaissance, y compris quand le verbe fait paire avec « renier ».
- «فَٱتَّقُوا۟ ٱللَّهَ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ» — « Prémunissez-vous donc envers Dieu, peut-être serez-vous reconnaissants » (3:123)
- «وَٱشْكُرُوا۟ لِى وَلَا تَكْفُرُونِ» — « soyez-Moi reconnaissants, et ne Me reniez pas » (2:152)
- «ءَأَشْكُرُ أَمْ أَكْفُرُ» — « vais-je être reconnaissant, ou vais-je renier ? » (27:40)
شَاكِر, ٱلشَّٰكِرُون → « reconnaissant », « les reconnaissants » : celui qui répond au bienfait.
شَكُور (humain) → « très reconnaissant », « reconnaissant » : la forme intensive : celui dont la reconnaissance ne se relâche pas.
شَاكِر, شَكُور (Dieu) → « Reconnaissant », « Très-Reconnaissant » : attribut de Dieu, reconnaissant envers le bien accompli et l'effort ; شَكُور en est la forme intensive, « Très-Reconnaissant ».
شُكْر, شُكُور, مَشْكُور → « reconnaissance », « gratitude », « reconnu » : le nom de l'acte, et l'effort qui reçoit la reconnaissance.
- «لَا نُرِيدُ مِنكُمْ جَزَآءًۭ وَلَا شُكُورًا» — « nous ne voulons de vous ni rétribution ni gratitude » (76:9)
- «فَأُو۟لَٰٓئِكَ كَانَ سَعْيُهُم مَّشْكُورًۭا» — « voilà ceux dont l'effort sera reconnu » (17:19)
- Exception écrite : « reconnaissant », « reconnaissance » (la gratitude) gardent le radical de « reconnaître » (عرف) : sens disjoints en français.
Preuve par le texte
La reconnaissance répond toujours à un bienfait nommé : Dieu qui passe outre à la faute (2:52), la vie rendue après la mort (2:56), la subsistance (2:172, 16:114), la nuit et le jour (28:73), les vaisseaux sur la mer (16:14, 45:12). La formule « peut-être serez-vous reconnaissants » clôt ces rappels, et le constat lui répond : « Combien peu vous êtes reconnaissants ! » (7:10).
Le verbe fait paire avec كفر, renier : « Si vous êtes reconnaissants, Je vous accroîtrai assurément ; mais si vous reniez, Ma peine est assurément sévère. » (14:7). Sulayman voit dans le bienfait une épreuve, « vais-je être reconnaissant, ou vais-je renier ? » (27:40), et en tire la règle : celui qui est reconnaissant ne l'est que pour lui-même (27:40, 31:12).
Dieu est Lui-même dit Reconnaissant, et Très-Reconnaissant (35:30, 42:23, 64:17) : Il est reconnaissant envers le bien fait de plein gré (2:158) et envers l'effort de celui qui veut la vie dernière (17:19). La reconnaissance va donc dans les deux sens : l'homme est reconnaissant du bienfait, et Dieu de l'effort, « et votre effort a été reconnu avec gratitude » (76:22).
Distinctions
- كفر — renier : refuser de répondre au bienfait, le contraire exact
- حمد — la louange : dire la valeur de celui qu'on loue, quand شكر répond à un bienfait reçu
Voir aussi
نعم (le bienfait)