Le corps nommé avec retenue
Le Coran parle du corps et de la génération sans employer un seul mot cru. La traduction garde ce registre : elle ne remplace pas un mot retenu par un terme anatomique, ni par un terme moral que le texte ne dit pas.
La sourate 86 décrit l'origine de l'être humain : « Il a été créé d'une eau jaillissante, qui sort d'entre les reins [de l'homme] et le sein [de la femme]. » (86:6-7). Le texte dit « une eau » et la qualifie par son mouvement ; il ne la nomme pas autrement, et la traduction non plus.
Pour la filiation, le Coran dit « les reins » : « vos fils issus de vos reins » (4:23).
De Maryam, il dit qu'elle « protégea son intimité » (21:91), et de nouveau « qui a protégé son intimité » (66:12). Le verbe est celui de la protection, le nom celui de l'intimité : la traduction ne les remplace ni par un terme anatomique, ni par « sa chasteté », qui serait un jugement moral ajouté.