Le même verbe pour l'humain et pour Dieu
Quand le texte donne à un être humain le verbe ou le qualificatif qu'il donne à Dieu, il met en regard la prétention et la réalité. La traduction garde le même rendu des deux côtés, pour que la comparaison reste visible.
Dans la sourate 74, l'opposant au message « a réfléchi et déterminé — que périsse sa manière de déterminer ! » (74:18-19). Dans la sourate voisine, le même verbe a Dieu pour sujet : « Et Dieu détermine la nuit et le jour » (73:20). L'homme qui « détermine » ce qu'est la Lecture est placé face à Celui qui détermine le temps lui-même.
Le verbe « invoquer » est interdit ou permis selon celui à qui l'on s'adresse : « n'invoquez donc, avec Dieu, personne d'autre » (72:18) ; « Je n'invoque que mon Tuteur » (72:20). Même verbe ; seul le destinataire change.
Inversement, un qualificatif divin peut être donné à un humain sans usurpation. Le messager est « plein de bonté, bienveillant envers les croyants » (9:128) : le rendu est le même que pour Dieu, sans la majuscule réservée aux noms divins.
Le cas du titre divin usurpé par un homme est traité à part (« Le titre divin dans la bouche d'un homme »).
Dans le texte
إِنَّهُۥ فَكَّرَ وَقَدَّرَوَٱللَّهُ يُقَدِّرُ ٱلَّيْلَ وَٱلنَّهَارَبِٱلْمُؤْمِنِينَ رَءُوفٌۭ رَّحِيمٌۭ