Le bien est un dépôt
Quand le texte ordonne de dépenser, il rappelle que l'être humain n'est que dépositaire de ce qu'il possède et que tout revient à Dieu. L'avarice est alors mise en face de Celui qui Se suffit à Lui-même.
La sourate 57 enchaîne ces trois idées. L'ordre d'abord, avec sa raison : « dépensez de ce dont Il vous a faits dépositaires » (57:7). Puis la question : « qu'avez-vous à ne pas dépenser dans la voie de Dieu, alors qu'à Dieu revient l'héritage des cieux et de la terre ? » (57:10). Ce qu'on garde, on ne le garde pas : il reviendra à son propriétaire.
Enfin l'avare : « Ceux qui sont avares et ordonnent l'avarice aux gens. Et quiconque se détourne — Dieu est Celui qui Se suffit à Lui-même, le Digne de louange. » (57:24). C'est le même couple que dans la sourate 92, où celui qui est avare « se voit suffisant à lui-même » (92:8) : l'avare se croit sans besoin, alors que seul Dieu l'est (« Se voir suffisant à soi-même, l'envers de se purifier »).
La même sourate décrit la vie d'ici-bas comme une « course à l'accumulation en biens et en enfants » (57:20), les mots mêmes qui ouvrent la sourate 102.
Dans le texte
وَأَنفِقُوا۟ مِمَّا جَعَلَكُم مُّسْتَخْلَفِينَ فِيهِوَلِلَّهِ مِيرَٰثُ ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِفَإِنَّ ٱللَّهَ هُوَ ٱلْغَنِىُّ ٱلْحَمِيدُ