Révéler ou inspirer : selon celui qui reçoit
La racine وحي désigne une communication discrète. Le texte la module selon le destinataire : adressée à un prophète, c'est la révélation ; adressée à d'autres (une mère, l'abeille, le ciel, la terre), c'est l'inspiration. La traduction garde ces deux mots, et un troisième quand un humain la fait à des humains.
Moussa reçoit la révélation : « écoute donc ce qui est révélé » (20:13) ; « Nous avons révélé à Moussa » (20:77). Moussa et son frère disent eux-mêmes : « Il nous a été révélé » (20:48).
Sa mère, elle, reçoit une inspiration : « Nous avons inspiré à ta mère ce qui fut inspiré » (20:38) ; « Nous avons inspiré à la mère de Moussa » (28:7). La même racine, dans le même récit, prend deux sens selon qui la reçoit.
L'inspiration s'étend à la création : « ton Tuteur a inspiré à l'abeille » (16:68) ; « inspira à chaque ciel son ordre » (41:12) ; la terre racontera ses nouvelles « car ton Tuteur le lui aura inspiré » (99:5). Elle existe même entre les ennemis des prophètes, « qui s'inspirent mutuellement un discours enjolivé » (6:112).
Enfin, quand un humain s'adresse ainsi à d'autres humains, ce n'est ni l'une ni l'autre : Zakariya, privé de parole, « leur fit signe » (19:11).
Dans le texte
فَٱسْتَمِعْ لِمَا يُوحَىٰٓإِذْ أَوْحَيْنَآ إِلَىٰٓ أُمِّكَ مَا يُوحَىٰٓوَأَوْحَىٰ رَبُّكَ إِلَى ٱلنَّحْلِفَأَوْحَىٰٓ إِلَيْهِمْ