La question أَلَمْ porte sur tous les verbes qui la suivent
Quand une question commence par أَلَمْ (« N'est-ce pas que … ne … pas ? ») et que d'autres verbes lui sont coordonnés par وَ ou فَ, la question ne s'arrête pas au premier verbe : elle porte sur chacun. La traduction répète donc la question devant chaque verbe.
L'arabe n'écrit أَلَمْ qu'une fois, en tête ; les verbes suivants sont reliés par وَ. Mais ils restent sous la question. En 93:6-8 : « أَلَمْ يَجِدْكَ يَتِيمًۭا فَـَٔاوَىٰ وَوَجَدَكَ ضَآلًّۭا فَهَدَىٰ وَوَجَدَكَ عَآئِلًۭا فَأَغْنَىٰ ». Le second et le troisième وَجَدَكَ ne sont pas des affirmations isolées : le texte demande trois fois « ne t'a-t-Il pas trouvé … ? ».
Le français et les autres langues n'ont pas ce mécanisme : si la question n'est pas répétée, les verbes suivants deviennent des affirmations, ou la question s'efface. La traduction reprend donc la question sur chaque verbe : « Ne t'a-t-Il pas trouvé orphelin … ? Ne t'a-t-Il pas trouvé égaré … ? Ne t'a-t-Il pas trouvé démuni … ? ».
La règle se vérifie sur les trois séries où elle se présente dans les sourates courtes (93:6-8, 94:1-3, 105:2-5).
Dans le texte
أَلَمْ يَجِدْكَ يَتِيمًۭا فَـَٔاوَىٰ وَوَجَدَكَ ضَآلًّۭا فَهَدَىٰ وَوَجَدَكَ عَآئِلًۭا فَأَغْنَىٰأَلَمْ نَشْرَحْ لَكَ صَدْرَكَ وَوَضَعْنَا عَنكَ وِزْرَكَ