Les séries de « إِذَا » cosmiques aboutissent au Soi
Trois sourates s'ouvrent sur une série de propositions en إِذَا qui décrivent le bouleversement du monde (le soleil, les astres, les mers, les tombes). La série ne débouche jamais sur le monde, mais sur un être : « un Soi saura ce qu'il a … » (81:14, 82:5), ou « Ô être humain ! » (84:6).
La sourate 81 aligne douze propositions en إِذَا, du soleil enroulé au Jardin rapproché, et la réponse tient en trois mots : « عَلِمَتْ نَفْسٌۭ مَّآ أَحْضَرَتْ », « un Soi saura ce qu'il a présenté ». La sourate 82 fait de même en quatre propositions : « عَلِمَتْ نَفْسٌۭ مَّا قَدَّمَتْ وَأَخَّرَتْ », « un Soi saura ce qu'il a avancé et retardé ». La sourate 84 décrit le ciel qui se fend et la terre qui s'étend, puis s'adresse directement à l'homme : « يَٰٓأَيُّهَا ٱلْإِنسَٰنُ », « Ô être humain ! ».
Le bouleversement cosmique n'est donc jamais décrit pour lui-même : tout converge vers ce qu'un individu découvrira de ses propres actes. Les propositions en إِذَا sont rendues au futur (« Quand le soleil sera enroulé »), selon la règle du système إذا / إن / لو. La réponse عَلِمَتْ نَفْسٌۭ est rendue identiquement dans les deux sourates : « un Soi saura ».
Dans le texte
عَلِمَتْ نَفْسٌۭ مَّآ أَحْضَرَتْعَلِمَتْ نَفْسٌۭ مَّا قَدَّمَتْ وَأَخَّرَتْيَٰٓأَيُّهَا ٱلْإِنسَٰنُ إِنَّكَ كَادِحٌ