حمل
Formes attestées : تَحْمِلُ 5 · حَمَلْنَا 3 · حَمَلَتْهُ 3 · يَحْمِلُ 3 · تَحْمِلْ 2 · ٱحْتَمَلَ 2 · يَحْمِلُونَ 2 · حَمَلَتْ 2
Sens premier
Porter : prendre sur soi un poids et le soutenir, qu'il soit matière, enfant à naître, dépôt confié ou faute.
Emplois
حَمَلَ, يَحْمِلُ → « porter » : soutenir un poids, de la main, du ventre ou de la conscience.
حَمَّلَ, حُمِّلَ, حَمَلَ عَلَى → « faire porter » : mettre un poids sur un autre.
- «رَبَّنَا وَلَا تَحْمِلْ عَلَيْنَآ إِصْرًۭا كَمَا حَمَلْتَهُۥ عَلَى ٱلَّذِينَ مِن قَبْلِنَا» — « Notre Tuteur, et ne nous fais pas porter de joug comme Tu en as fait porter à ceux d'avant nous » (2:286)
- «رَبَّنَا وَلَا تُحَمِّلْنَا مَا لَا طَاقَةَ لَنَا بِهِۦ» — « Notre Tuteur, et ne nous fais pas porter ce que nous n'avons pas la force de porter » (2:286)
حَمَلَ (personnes), تُحْمَلُونَ → « transporter » : porter d'un lieu à un autre, sur une bête ou un vaisseau.
- «وَعَلَيْهَا وَعَلَى ٱلْفُلْكِ تُحْمَلُونَ» — « et sur eux ainsi que sur les vaisseaux vous êtes transportés » (23:22)
حَمْل, حِمْل → « faix », « ce qu'elles portent » : ce qu'on porte : l'enfant à naître, la charge d'une bête, le poids de ses actes ; pour la mère qui accouche, « ce qu'elles portent ».
- «وَتَضَعُ كُلُّ ذَاتِ حَمْلٍ حَمْلَهَا» — « toute femme enceinte déposera son faix » (22:2)
- «وَأُو۟لَٰتُ ٱلْأَحْمَالِ أَجَلُهُنَّ أَن يَضَعْنَ حَمْلَهُنَّ» — « Et pour les femmes enceintes, leur terme est le moment où elles mettent au monde ce qu'elles portent » (65:4)
- «وَإِن تَدْعُ مُثْقَلَةٌ إِلَىٰ حِمْلِهَا» — « et si celui qui est surchargé appelle à l'aide pour son faix » (35:18)
حَمْل (de la mère) → « gestation » : le temps où la mère porte l'enfant.
- «وَحَمْلُهُۥ وَفِصَٰلُهُۥ ثَلَٰثُونَ شَهْرًا» — « Et sa gestation et son sevrage sont de trente mois » (46:15)
ٱحْتَمَلَ → « se faire porteur » : prendre sur soi ce qu'on aura à porter.
- «فَقَدِ ٱحْتَمَلُوا۟ بُهْتَٰنًۭا وَإِثْمًۭا مُّبِينًۭا» — « se font porteurs d'une calomnie et d'une transgression manifeste » (33:58)
حَمُولَة → « bêtes de somme » : les bêtes faites pour porter.
- «وَمِنَ ٱلْأَنْعَٰمِ حَمُولَةًۭ وَفَرْشًۭا» — « Et parmi le bétail, il y a les bêtes de somme et celles de la toison » (6:142)
Preuve par le texte
La racine fait porter le plus lourd et le plus tendre : la mère qui a porté l'enfant « fragilité sur fragilité » (31:14), le dépôt de confiance que les cieux, la terre et les montagnes refusèrent de porter et que l'être humain porta (33:72), l'Édifice de Dieu, porté par d'autres que ceux qui l'entourent (40:7), et par huit ce jour-là (69:17).
Porter engage, et nul ne porte pour un autre. Les renieurs promettent : « nous porterons vos fautes », alors qu'ils ne porteront rien des fautes de ceux-ci (29:12) ; celui qui appelle à l'aide pour son faix ne sera pas soulagé, « fût-ce par un proche » (35:18). D'où l'invocation, qui redit trois fois la racine : « ne nous fais pas porter de joug comme Tu en as fait porter à ceux d'avant nous », puis « ne nous fais pas porter ce que nous n'avons pas la force de porter » (2:286). Ce joug, 7:157 le dit ôté par un autre verbe, وضع.
Distinctions
- وزر — le fardeau : la faute qu'on porte, quand حمل est l'acte de porter
- ثقل — le poids : ce qui pèse, quand حمل est le geste de le soutenir
- وضع — poser, déposer, ôter : le messager ôte le joug (7:157), quand حمل le fait porter (2:286)