صدد
Formes attestées : يَصُدُّونَ 9 · صَدُّوا۟ 8 · تَصُدُّونَ 2 · صَدُّوكُمْ 2 · يَصُدَّكُمْ 2 · صَدَّهُمْ 2 · صَدٌّ 1 · صَدَّ 1
Sens premier
Faire obstacle sur un chemin : obstruer à quelqu'un la voie, ou se cabrer soi-même devant elle. Le nom صَدِيد, à part, désigne le liquide qui suinte d'une plaie.
Emplois
صَدَّ عَن سَبِيلِ ٱللَّهِ → « obstruer la voie de Dieu » : la formule la plus fréquente : fermer à d'autres la voie de Dieu ; le complément de personne peut rester sous-entendu.
صَدَّ + personne + عَن → « obstruer à quelqu'un », « obstruer l'accès » : fermer à une personne un lieu, un signe, la guidance.
- «وَلَا يَصُدُّنَّكَ عَنْ ءَايَٰتِ ٱللَّهِ» — « Et qu'ils ne t'obstruent pas la voie des signes de Dieu » (28:87)
- «أَنَحْنُ صَدَدْنَٰكُمْ عَنِ ٱلْهُدَىٰ» — « Est-ce nous qui vous avons obstrué la voie de la guidance » (34:32)
- «وَصَدُّوكُمْ عَنِ ٱلْمَسْجِدِ ٱلْحَرَامِ» — « et vous ont obstrué l'accès au lieu de prosternation inviolable » (48:25)
صُدَّ, صُدُّوا۟ → « la voie lui fut obstruée » : le passif : celui à qui la voie a été fermée.
يَصُدُّونَ, يَصِدُّونَ, صُدُود → « se cabrer », et « se rétracter » quand rien ne suit (63:5) : sans complément de personne : se fermer soi-même à un appel.
صَدِيد → « eau purulente » : le liquide qui suinte d'une plaie, boisson de Jahannam.
- «وَيُسْقَىٰ مِن مَّآءٍۢ صَدِيدٍۢ» — « il y sera abreuvé d'une eau purulente » (14:16)
Preuve par le texte
Le verbe porte presque toujours sur autrui et sur un chemin : on obstrue « la voie de Dieu » (2:217), « le lieu de prosternation inviolable » (8:34), « des signes de Dieu » (28:87), « la guidance » (34:32). Il suit le reniement dans une même phrase (4:167, 16:88, 47:1, 47:34), et il va avec le désir de rendre la voie tortueuse (3:99, 7:45, 11:19, 14:3) : obstruer, c'est fermer aux autres le chemin qu'on refuse soi-même. En 48:25, la scène et la tournure sont celles de 5:2 : on leur a « obstrué l'accès au lieu de prosternation inviolable ».
Le même verbe dit aussi le mouvement de celui qui se ferme : les hypocrites appelés au messager se cabrent (4:61), et le peuple se cabre devant l'exemple du fils de Maryam (43:57, lu يَصُدُّونَ avec Warsh), comme d'autres devant l'Écriture (4:55), et ceux qui sont invités au pardon se rétractent, « enflés d'orgueil » (63:5). L'autre face est celle de qui subit l'obstacle : ceux à qui le Détourneur a obstrué la voie (27:24, 29:38), Fir'awn à qui fut embelli « le mal de son œuvre » et dont la voie fut obstruée (40:37). En 63:2 et 58:16, la phrase ne nomme pas à qui la voie est obstruée, et la traduction la garde ouverte.
Distinctions
- صرف — faire tourner une chose dans une autre direction (un regard, un mal, une personne), quand صدد barre à quelqu'un le chemin
Voir aussi
سبل (la voie) · شطن (le Détourneur)