Le mal est dans l'acte, non dans l'être
Le texte ne déclare pas mauvais un être ou une chose en soi : il situe le mal dans un acte. On cherche donc la condition qui déclenche le mal (souvent « lorsque », إذا) ou la forme du mot qui en fait une habitude.
La sourate 113 en donne trois exemples. On ne se réfugie pas contre l'obscurité, mais contre « le mal d'une obscurité lorsqu'elle pénètre » (113:3). On ne se réfugie pas contre l'envieux, mais contre « le mal d'un envieux lorsqu'il envie » (113:5). La condition « lorsque » isole le moment où le mal se produit.
Entre les deux, « celles qui soufflent avec insistance dans les nœuds » (113:4) sont désignées par une forme intensive : l'acte répété est dans le nom même. Là encore, ce sont des êtres définis par ce qu'ils font.
La sourate 60 applique le même principe aux relations humaines. Ce qui est interdit, c'est l'alliance avec ceux qui ont commis des actes précis : combattre, expulser, soutenir l'expulsion (60:9). Envers les autres, la bienfaisance reste permise : « Dieu ne vous interdit pas d'être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus au sujet de la Loi » (60:8).
Dans le texte
وَمِن شَرِّ غَاسِقٍ إِذَا وَقَبَوَمِن شَرِّ حَاسِدٍ إِذَا حَسَدَلَّا يَنْهَىٰكُمُ ٱللَّهُ عَنِ ٱلَّذِينَ لَمْ يُقَٰتِلُوكُمْ