La pente de l'être humain, et l'exception qui en sort
Quand le texte dit « l'être humain est… », il décrit une pente : l'humain reçoit, se croit suffisant, et chute. La sortie est toujours une exception (« sauf », إلا), et cette exception est faite d'actes qui reconnaissent le besoin : établir le contact, donner, s'enjoindre mutuellement le bien, redouter son Tuteur.
Les énoncés généraux sont nombreux, et ils suivent la même forme. « L'être humain est certes en perte, sauf ceux qui ont cru, accompli les œuvres droites, se sont mutuellement enjoint la vérité et se sont mutuellement enjoint la patience. » (103:2-3). « Nous avons certes créé l'être humain dans la meilleure des constitutions, puis Nous l'avons rabaissé au plus bas des bas, sauf ceux qui ont cru et accompli les œuvres droites » (95:4-6). « L'être humain a certes été créé anxieux : quand le mal le touche, il s'affole, et quand le bien le touche, il refuse de donner — sauf ceux qui établissent le contact » (70:19-22).
Le mouvement est toujours le même. L'humain reçoit un bienfait ; il se voit suffisant à lui-même (96:6-7, voir « Se voir suffisant à soi-même, l'envers de se purifier ») ; il est « envers son Tuteur, d'une ingratitude rebelle » (100:6). Puis vient l'exception, et elle est faite d'actes.
La sourate 68 en fait un récit. Les compagnons du jardin ont reçu une récolte ; ils jurent de la cueillir « sans faire d'exception » (68:17-18) ; ils partent « [se croyant] capables » (68:25) ; ils trouvent le jardin dévasté. L'issue est un aveu : « Nous avons été injustes. » (68:29).
Dans le texte
إِنَّ ٱلْإِنسَٰنَ لَفِى خُسْرٍإِلَّا ٱلْمُصَلِّينَوَغَدَوْا۟ عَلَىٰ حَرْدٍۢ قَٰدِرِينَ