Quand, si, si seulement : les trois conditions
Le Coran dispose de trois particules conditionnelles, et chacune dit à quel point la condition est réelle : إذا pose ce qui arrivera (« quand »), إن pose une hypothèse ouverte (« si »), لو pose ce qui n'est pas et ne sera pas (« si … », à l'irréel).
La particule إذا ne met pas l'événement en doute ; elle en fixe le moment : « Quand vient le secours de Dieu, et la victoire » (110:1). Le secours n'est pas une hypothèse, il est annoncé.
La particule إن ouvre une possibilité sans la trancher : « Et si vous êtes dans le doute au sujet de ce que Nous avons fait descendre » (2:23). Le doute est envisagé, non affirmé.
La particule لو pose une situation que le réel a déjà démentie : « Et s'ils étaient ramenés, ils reviendraient certainement à ce qui leur était interdit » (6:28). Ils ne seront pas ramenés ; le verset décrit ce qu'ils feraient dans un monde qui n'existe pas.
Deux emplois voisins ne contredisent pas le système :
- la forme وَلَوْ concessive (« fût-ce », « dussent-ils ») reste dans l'irréel ou l'extrême : « fût-ce contre vous-mêmes » (4:135) ;
- la forme فَإِذَا de surgissement (« et voici que ») dit un fait soudain, donc réel : le bâton de Moussa devient serpent (7:107).
Pour le traducteur, la conséquence est simple : إذا ne se rend pas par « si », et لو ne se rend pas par un futur.
Dans le texte
إِذَا جَآءَ نَصْرُ ٱللَّهِوَإِن كُنتُمْ فِى رَيْبٍۢوَلَوْ رُدُّوا۟ لَعَادُوا۟فَإِذَا هِىَ ثُعْبَانٌۭ مُّبِينٌۭوَإِذَا شِئْنَا بَدَّلْنَآ