« A glorifié » et « glorifie » : l'aspect des ouvertures en سبّح
Cinq sourates voisines s'ouvrent sur la glorification de Dieu par tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Trois emploient l'accompli سَبَّحَ (57, 59, 61), deux l'inaccompli يُسَبِّحُ (62, 64). La traduction garde la différence : « a glorifié » pour l'accompli, « glorifie » pour l'inaccompli.
Les cinq ouvertures se ressemblent au point qu'on pourrait les croire identiques ; elles ne le sont pas. « سَبَّحَ لِلَّهِ مَا فِى ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ » (57:1) dit une glorification accomplie, constatée ; « يُسَبِّحُ لِلَّهِ مَا فِى ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَمَا فِى ٱلْأَرْضِ » (62:1) dit une glorification en cours, continue.
La traduction rend donc l'accompli au passé composé : « a glorifié », « has glorified », « ha glorificado », « ha glorificato », « telah bertasbih », « восславило ». Rendu au présent, il effacerait la différence voulue par le texte.
Cette règle est l'un des cas démontrés où l'aspect verbal porte le sens (voir aussi « Là où l'aspect du verbe fait le sens ») ; elle remplace, sur ce point précis, l'énoncé trop général de « L'aspect verbal porte le sens » (rejeté).
Dans le texte
سَبَّحَ لِلَّهِ مَا فِى ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِيُسَبِّحُ لِلَّهِ مَا فِى ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَمَا فِى ٱلْأَرْضِ