La preuve par soustraction
Un mot qui n'apparaît qu'une fois peut être défini sans point de comparaison, quand une série de négations l'entoure : chaque négation retire un sens possible, et ce qui reste après toutes les soustractions est son sens.
Le cas fondateur est ٱلصَّمَدُ, qui n'apparaît qu'une fois dans le Coran (112:2). Aucune autre occurrence ne permet de le comparer. Mais les versets qui le suivent sont trois négations : « لَمْ يَلِدْ » (Il n'engendre pas), « وَلَمْ يُولَدْ » (Il n'est pas engendré), « وَلَمْ يَكُن لَّهُۥ كُفُوًا أَحَدٌۢ » (nul n'est Son équivalent). La première exclut qu'il sorte quelque chose de Lui, la deuxième qu'Il soit sorti de quelque chose, la troisième que quoi que ce soit Lui fasse face. Ce qui reste est un être dans lequel rien n'entre et dont rien ne sort : « l'Impénétrable ».
La formule de l'unicité, « لَآ إِلَٰهَ إِلَّا هُوَ », repose sur le même mécanisme : لَا nie tout, إِلَّا isole l'exception, هُوَ reçoit ce qui reste. Ce mécanisme est détaillé dans « Nulle divinité si ce n'est Lui : trois pièces, un mécanisme ».
La règle sert d'outil : avant de déclarer un mot rare indéterminé, on vérifie s'il est encadré par des négations qui en délimitent le sens.
Dans le texte
ٱللَّهُ ٱلصَّمَدُ لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ وَلَمْ يَكُن لَّهُۥ كُفُوًا أَحَدٌۢ